L'Almanach du potager

Olivier : plantation, entretien, taille et récolte

L’olivier réussit surtout si vous lui offrez du soleil, un sol très drainant et des racines jamais noyées en hiver. En pot comme en pleine terre, il supporte mieux la sécheresse que l’excès d’eau, mais il demande de la patience avant de produire vraiment.

Famille

OleaceaeOlea europaea

Cycle

Vivacearbre

Semis

mars, avril, octobre et novembre

Plantation

mars, avril, mai, septembre et octobre

Taille

mars et avril

Récolte

de octobre à décembre

Avant de planter un olivier, vérifiez surtout le drainage

L’olivier n’est pas difficile parce qu’il aime les terres pauvres, caillouteuses et calcaires. Il devient exigeant dès que l’eau stagne autour des racines, surtout pendant les périodes froides. Dans une terre lourde, compacte ou argileuse, il pousse lentement, jaunit, perd des feuilles et peut dépérir sans signe spectaculaire au départ.

Choisissez l’endroit le plus ensoleillé du jardin, à l’abri des vents froids. Un mur exposé au sud, une cour minérale ou un talus drainant lui conviennent mieux qu’une pelouse fraîche et arrosée. En pleine terre, prévoyez large : un olivier devient un vrai arbre, même si sa croissance reste lente.

La production d’olives ne vient pas tout de suite. Un jeune sujet commence par installer son système racinaire et sa charpente. Si votre objectif est la récolte, partez plutôt d’un plant déjà formé que d’un semis, beaucoup plus long et irrégulier.

Planter sans enterrer le collet

Le geste décisif consiste à installer l’olivier haut, dans une fosse drainante, sans enterrer la base du tronc. Le collet doit rester au niveau du sol fini, car un tronc trop enterré garde l’humidité et favorise les pourritures.

En terre lourde, ne vous contentez pas d’ajouter un peu de sable au fond du trou. Créez plutôt une butte ou plantez sur une légère surélévation, avec un mélange de terre de jardin, graviers et compost mûr en quantité modérée. Le but n’est pas de nourrir fortement l’arbre, mais de laisser l’eau s’échapper.

Après la plantation, arrosez abondamment une première fois pour coller la terre aux racines, puis espacez les apports. Un olivier fraîchement planté a besoin d’eau pour s’installer, mais pas d’un sol humide en permanence. En pot, choisissez un contenant percé, lourd et profond, avec une couche drainante et un substrat qui ne se tasse pas.

Le semis reste possible, mais il convient surtout aux jardiniers patients. La levée est lente, parfois très irrégulière, et le jeune plant ne reproduit pas toujours fidèlement les qualités de l’arbre d’origine.

L’entretien qui garde l’arbre sain

Les premiers temps, arrosez régulièrement dès que la terre sèche en profondeur. Ensuite, un olivier bien installé se contente souvent des pluies, sauf en période de sécheresse prolongée, surtout en pot. Les feuilles qui se recroquevillent, ternissent ou tombent en plein été signalent souvent un stress hydrique, tandis qu’un feuillage jaune et mou évoque plutôt un excès d’eau ou un sol asphyxiant.

La taille sert d’abord à faire entrer la lumière. Supprimez le bois mort, les rameaux qui se croisent et ceux qui encombrent le centre. Gardez une charpente aérée, capable de porter les fruits sans devenir un fouillis. Taillez après les plus fortes gelées, car une coupe trop précoce expose les jeunes repousses au froid.

Évitez les apports d’engrais trop riches en azote. Ils stimulent des pousses tendres, plus sensibles au froid et aux ravageurs, au détriment d’une croissance équilibrée. Un peu de compost mûr en surface suffit dans la plupart des jardins pauvres.

Surveillez aussi les cochenilles, la mouche de l’olive et la teigne. Une fumagine noire sur les feuilles indique souvent la présence de cochenilles. Des olives piquées, qui brunissent ou tombent avant maturité, font penser à la mouche de l’olive.

Les erreurs qui privent d’olives

  • Planter en sol gorgé d’eau : c’est l’erreur la plus grave. Les racines s’asphyxient, surtout en hiver, et l’arbre décline même s’il semblait robuste au départ.
  • Enterrer la motte trop profondément : le tronc reste humide, la reprise ralentit et les maladies du collet sont favorisées.
  • Arroser comme une plante de massif : un olivier n’aime pas les arrosages fréquents et superficiels. Mieux vaut arroser moins souvent, mais en profondeur, puis laisser sécher.
  • Tailler trop sévèrement : une coupe brutale provoque beaucoup de bois, peu de fruits et une silhouette déséquilibrée.
  • L’installer au milieu d’un gazon très arrosé : l’ambiance fraîche et humide convient mal à l’olivier, même si le feuillage reste vert quelque temps.
  • Négliger le froid humide : l’arbre peut supporter de brèves gelées, mais il souffre davantage quand le froid s’associe à un sol détrempé.

Récolter les olives et les rendre consommables

Les olives se récoltent quand elles ont atteint leur calibre et la couleur adaptée à l’usage recherché. Vertes, elles sont cueillies plus tôt, avec une chair ferme et amère. Noires, elles sont plus mûres, plus souples et plus riches en huile.

Ne consommez pas les olives directement sur l’arbre : elles sont naturellement très amères. Pour les olives de table, il faut les désamériser, puis les conserver en saumure ou selon une préparation adaptée. Triez soigneusement les fruits, car une olive piquée ou abîmée se conserve mal et peut gâter le lot.

Pour une petite récolte familiale, cueillez à la main ou au peigne souple afin de limiter les blessures. Transformez rapidement les fruits après cueillette. Plus ils attendent, plus ils fermentent et perdent en qualité.

Au nord, au sud, en pot : adaptez la protection et l’eau

Dans le sud et sur le littoral doux, l’olivier se cultive facilement si le sol draine bien. Le point de vigilance devient plutôt la sécheresse longue, surtout pour les jeunes sujets et les arbres en bac. Un paillage minéral limite l’évaporation sans garder trop d’humidité contre le tronc.

Plus au nord, choisissez un microclimat : pied de mur ensoleillé, cour abritée, talus sec, angle protégé du vent. Le drainage devient prioritaire. En période froide annoncée, protégez le pot ou le pied avec un voile et isolez le contenant du sol gelé, mais retirez la protection dès que le temps se radoucit pour éviter la condensation.

Sur balcon, l’olivier vit bien si le pot est grand, percé et stable. Tournez-le de temps en temps pour équilibrer la ramure, arrosez quand le substrat sèche en profondeur et videz toujours la soucoupe. Associez-le avec des plantes sobres comme lavande, romarin, thym ou sauge, plutôt qu’avec des plantes gourmandes en eau.

À retenir

  • Plantez l’olivier au plein soleil, dans un sol qui ne garde jamais l’eau.
  • Gardez le collet au niveau du sol, sans enterrer la base du tronc.
  • Arrosez pour aider la reprise, puis laissez sécher entre deux apports.
  • Taillez léger pour aérer le centre, sans supprimer toute la jeune ramure.
  • En pot, videz la soucoupe et protégez le contenant lors des froids marqués.
  • Préparez les olives avant consommation, elles ne se mangent pas brutes.

Questions fréquentes

Pourquoi mon olivier perd ses feuilles ?

Une chute de feuilles vient souvent d’un excès d’eau, d’un manque de lumière ou d’un stress après plantation. Vérifiez d’abord que le pot ou le sol draine bien et que l’eau ne stagne pas. Si les feuilles sèchent en été, le problème peut aussi être un manque d’eau prolongé.

Peut-on cultiver un olivier en pot ?

Oui, l’olivier se cultive très bien en pot si le contenant est percé, profond et rempli d’un substrat drainant. Arrosez moins souvent qu’une plante fleurie classique, mais suffisamment en période chaude. Rentrez ou protégez le pot lors des épisodes froids marqués.

Quel sol faut-il pour un olivier ?

Il lui faut un sol léger, caillouteux ou très drainé. Une terre pauvre ne le gêne pas, mais une terre lourde et humide peut l’asphyxier. En sol argileux, plantez sur butte et ajoutez des matériaux drainants.

Pourquoi mon olivier ne donne pas d’olives ?

Un olivier jeune met du temps à produire, surtout s’il a été récemment planté ou taillé fort. Le manque de soleil, un excès d’azote, le froid sur la floraison ou une mauvaise pollinisation peuvent aussi limiter la fructification. Gardez une taille légère et une exposition très lumineuse.

Faut-il arroser un olivier en pleine terre ?

Oui, surtout après la plantation et pendant les longues périodes sèches. Une fois bien installé, il supporte la sécheresse, mais un stress trop fort peut faire tomber fleurs ou jeunes fruits. Arrosez en profondeur, puis laissez la terre sécher.

Les olives de mon jardin sont-elles comestibles ?

Oui, mais pas directement après cueillette, car elles sont très amères. Vous devez les désamériser puis les conserver en saumure ou les préparer selon une recette adaptée. Écartez les fruits piqués, mous ou abîmés.

Fiche mise à jour le 02/09/2026